Dépêche AFP : Vallini (PS), "un employeur aux méthodes contestables", selon un syndicat

Publié le par USCP UNSA AN

logoafp.gifPARIS, 23 jan 2012 (AFP) - 19h33 heure de Paris - L'Union syndicale des collaborateurs parlementaires a affirmé lundi que le sénateur PS de l'Isère André Vallini, assigné aux prud'hommes par une de ses anciennes assistantes parlementaires, s'est conduit à plusieurs reprises en "employeur aux méthodes contestables".
M. Vallini, député jusqu'en septembre dernier et chargé de la justice dans l'équipe de François Hollande, est accusé par cette ex-collaboratrice, B., de "licenciement abusif, harcèlement moral et discrimination à l'âge". Il reproche à cette dernière d'avoir causé des "problèmes de plus en plus graves" dans son travail, ajoutant qu'elle était maintenant en "contact" avec ses "adversaires politiques locaux". Les prud'hommmes doivent se prononcer le 14 février.
Dans un communiqué, l'USCP, "principal syndicat des 2.400 collaborateurs de députés", estime que ces arguments constituent "une grossière tentative de manipulation ainsi qu'une volonté de se dédouaner de ses responsabilités d'employeur aux méthodes contestables".
"Nous avons eu l'occasion en trois ans de suivre le licenciement de trois collaboratrices de M. Vallini, deux autres ont même démissionné. Le dossier de B., notre ancienne collègue de circonscription, n'est donc pas un cas isolé de licenciement", écrit l'USCP, affilé à l'Unsa (syndicats autonomes).
"Nous pouvons témoigner que c'est toujours M. Vallini qui a mis fin aux contrats de travail suivant des motifs et un calendrier qui lui étaient propres. La mise au placard de notre collègue B. a même été évoquée lors de l'entretien de licenciement sans que M. Vallini ne nie les faits", ajoute le syndicat.
"Le harcèlement moral ne peut constituer une méthode de management au prétexte de l'exercice de missions de service public", conclut l'USCP.
André Vallini, président du conseil général de l'Isère, avait déclaré dans un communiqué, le 9 janvier que "cette procédure de licenciement qui dure depuis plus d'un an sort curieusement dans la presse en pleine campagne présidentielle".
Il avait assuré avoir proposé à son ex-assistante "à plusieurs reprises de quitter (son) secrétariat parlementaire pour un autre emploi correspondant à son profil".
"Depuis vingt ans, j'ai recruté de nombreux collaborateurs politiques dont la plupart se félicitent d'avoir travaillé à mes côtés pour la rigueur que je leur ai apprise à mettre dans un travail qui nécessite, à mes yeux, d'autant plus d'exigence qu'il est au service de l'intérêt général", avait-il ajouté.

 

Notre communiqué de presse en pdf


Le texte du communiqué :

 

Communiqué de presse du lundi 23 janvier 2011

 

Affaire André Vallini, l’arbre qui cache la forêt !

 

Dans ce milieu où la loi du silence est une des règles d'asservissement des salariés, l'USCP UNSA Assemblée nationale, principal syndicat des 2.400 collaborateurs de députés, a pour objectif de témoigner et de lutter contre les entorses faites au droit social au sein du Parlement.

Toutefois, afin de ne pas nuire au bon déroulement juridique des dossiers des collègues licenciés, nous ne communiquons publiquement qu’exceptionnellement sur une affaire en cours. Il n'en demeure pas moins que nous ne pouvons rester silencieux devant la tentative d'instrumentalisation politicienne faite par M. André Vallini de son conflit avec l'une de ses anciennes collaboratrices parlementaires, dont l’affaire est actuellement en instance de jugement aux Prud'hommes de Grenoble.

Par voie de communiqué de presse, et d'« éléments de langage » envoyés à tous les militants socialistes de son ancienne circonscription, M. André Vallini indique qu'il est l'objet d'une cabale en pleine campagne électorale et que l’on vise François Hollande à travers lui. Il invoque l'intérêt général au fondement de ses méthodes de management dont il explique qu'il en a hérité de son ancienne députée-employeur, Mme Gisèle Halimi... sic.

Nous y voyons une grossière tentative de manipulation ainsi qu'une volonté de se dédouaner de sa responsabilité d'employeur aux méthodes contestables.

Nous devons apporter notre part de vérité au débat concernant le litige qui l'oppose à son ancienne salariée parce que les faits dont nous avons été témoins contredisent chacune des assertions romanesques de M. Vallini.

Nous rappelons que cette affaire concerne des faits antérieurs au début de la campagne électorale, et donc qu'elle n'a pas changé de nature du fait des nouvelles fonctions de M. André Vallini dans la campagne présidentielle.

Pendant cette 13e mandature (2007-2012), nous avons eu l'occasion en trois ans de suivre le licenciement de trois collaboratrices de M. Vallini, deux autres ont même démissionné. Le dossier de B., notre ancienne collègue de circonscription, n'est donc pas un cas isolé de licenciement. Nous pouvons témoigner que c'est toujours M. Vallini qui a mis fin aux contrats de travail suivant des motifs et un calendrier qui lui étaient propres. La “mise au placard” de notre collègue B. a même été évoquée lors de l'entretien de licenciement sans que M. Vallini ne nie les faits.

Le harcèlement moral ne peut constituer une méthode de management au prétexte de l'exercice de missions de service public.

Au contraire, les fonctions représentatives et l'intérêt général supposent une exemplarité des députés dans leurs pratiques du pouvoir, en général, et un respect scrupuleux du code du travail, en particulier.

Les juges tireront les conclusions qui s’imposent le 13 février prochain.


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