Communiqué de presse du mercredi 24 février 2010

Publié le par USCP UNSA AN

CP USCP X 2302Assemblée nationale : au bal des hypocrites,
les questeurs sont passés maîtres...
 
Si le non-respect du droit du travail pratiqué à l'Assemblée nationale par de nombreux députés n'était pas manifeste, l'information relative à l'interdiction d'accès depuis l'Assemblée à certains sites n'encouragerait aucun commentaire supplémentaire de notre part.

Mais soyons sérieux.

Si l'on devait comparer les très nombreux parlementaires qui ne respectent pas le droit social à l'égard de leurs collaborateurs et les parlementaires — probablement très minoritaires — qui s'amusent à consulter des sites réservés aux adultes au sein de l'Assemblée, quel serait le sujet le plus grave ? Sans nul doute le premier.

Sur les 2.300 collaborateurs parlementaires actuellement en exercice, on ne compte plus aujourd'hui le nombre de ceux qui sont licenciés sans motif, ceux qui sont poussés à la démission sans indemnité, ceux qui sont en arrêt-maladie pour cause de harcèlement moral (ou sexuel). Le syndicat déplore même une tentative de suicide parmi nos collègues. A titre individuel, les collaboratrices et collaborateurs parlementaires (à Paris comme en circonscription) illustrent malheureusement la réelle dégradation des conditions de travail de la société française. La Questure de l'Assemblée a déjà été alertée à de nombreuses reprises, mais elle nous renvoie systématiquement à la responsabilité individuelle des "députés-employeurs".

C'est là tout le problème : absence de représentation au CHSCT, absence de convention collective, absence de parité salariale homme-femme, femmes enceintes menacées de licenciement en raison de leur grossesse, absence d'heures supplémentaires rémunérées, crédit collaborateur détourné de son objet, droit à la formation peu appliqué... L'Assemblée nationale ressemble plus aujourd'hui à une zone de non-droit qu'à une organisation vertueuse. Or, les Questeurs, qui viennent de démontrer leur efficacité dans une interdiction curieuse d'accès aux sites classés X pour les députés ferment les yeux sur des sujets autrement plus graves.

Les Questeurs devraient être les garants du bon fonctionnement de l'Assemblée nationale. Au lieu de cela, leur aptitude à prendre une décision sur un sujet aussi dérisoire — et dont les Français se moquent — en dit long sur leur refus de résoudre des problèmes de droit du travail pour la population la plus fragilisée et pourtant la plus nombreuse de notre institution.

Ainsi, au bal des hypocrites les Questeurs sont-ils passés maîtres.


Contact
Jean-François Cassant : 06 85 55 12 75

Publié dans Communiqué de presse

Commenter cet article