Un député éclairé !

Publié le par USCP UNSA AN

Les collaborateurs parlementaires vus par les députés
Le Petit Perchoir : Quel est pour vous le rôle du collaborateur en circonscription, et à l'Assemblée ?
Christian Ménard : Le rôle du collaborateur en province est un rôle de proximité. C’est très souvent à lui, en l’absence du député, qu’incombent les premiers contacts avec les administrés, et que revient la fonction de répondre aux multiples demandes qui parviennent au parlementaire (lettres, mails, appels téléphoniques, …), mais toujours sous couvert de ce dernier. Il peut lui arriver également de préparer des réunions locales, mais aussi des visites d’industrie, de sites professionnels, etc… Les relations avec la presse audio-visuelle entrent également dans ses prérogatives.
A Paris, sa fonction est tout à fait différente. Le collaborateur est d’abord le premier intermédiaire entre le député et les différents ministères. C’est à lui que revient la tâche d’organiser les rencontres avec les ministres, ou ses délégués, avec, par là même, un rôle « politique » non négligeable…
Il accompagne également le député dans différentes missions, établit ses carnets de rendez-vous, réalise les synthèses des entretiens. Ce qui n’est pas toujours très évident lorsque l’on auditionne plus de 350 personnes comme cela m’est arrivé lors d’un récent rapport sur la Gestion des Risques climatiques en agriculture. Plus anecdoctiquement, le collaborateur reçoit les multiples personnes qui viennent visiter l’Assemblée nationale, organise des voyages sur Paris, etc…

LPP : Que pensez-vous de la situation actuelle des collaborateurs ?
CM : Elle me paraît éminement injuste. S’il est vrai que, tout comme le député, le collaborateur est assis sur un « siège éjectable », il me paraît indispensable de lui octroyer un statut, garantissant une certaine sécurité dans le cadre de son emploi.
Un tel statut existe au Sénat, pourquoi ne serions nous pas capables d’en faire autant à l’Assemblée ? Il ne s’agit pas ici de propos démagogiques, mais d’une volonté de justice.
Je suis persuadé que la majorité des députés éprouve le même sentiment. Je suis personnellement prêt à soutenir toute évolution qui pourrait se dessiner en ce sens.

LPP : Vous avez écrit aux Questeurs afin d’étendre le dispositif de cadeaux pour les enfants de collaborateurs de circonscription. Quelles sont vos motivations ?
CM : Je suis déjà intervenu auprès des Questeurs il y a un an sans aucun succès. Mais, comme vous le savez, les bretons sont têtus. Et j’ai une fois de plus récidivé, il y a 2 mois, en m’appuyant cette fois sur tous mes collègues, de droite comme de gauche. Avec plus de succès me semble-t-il, puisqu’une évolution positive semble se dessiner pour Noël 2005, c’est du moins ce que la réponse qu’ils m’ont fournie laisse apparaître…
Mes motivations ou plutôt ma motivation ? Réparer ce que je considère comme une injustice, mais qui, à mon sens, était totalement involontaire, car non perçue.

LPP : Qu’attendez vous de vos collaborateurs ?
CM : Un travail efficace, loyal qui peut être même réalisé dans la bonne humeur et, pourquoi, pas avec un zeste d’humour. Nul n’en est encore mort !...

LPP : Quelles sont, d’après vous, les prochaines actions à mener en faveur des collaborateurs ?
CM : La création d’un statut acceptable par les deux parties, sachant que chacun peut se trouver, je le répète, sur un siège éjectable…

Le Petit Perchoir - Journal de l'Association Française des Collaborateurs Parlementaires (AFCP)
18 décembre 2004

M. Christian Ménard est député de la 6e circonscription du Finistère (UMP)
Association française des collaborateurs parlementaires - AFCP

Publié dans Revue de presse

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