L'été, Libération regarde à l'ombre

Publié le par USCP UNSA AN

Libération réalise ses devoirs de vacances.... une série de 5 portraits de personnages dans l'ombre des élus [NDR : celui sur notre collègue Kamel Hamza est le plus intéressant]

Poisson pilote de François Hollande pêché en eaux corréziennes
Dans l’ombre des élus (1/5)
Bernard Combes, homme de confiance et maire de Tulle
Par François Pradayrol

Chauffeur et successeur, confident et suppléant, envoyé spécial permanent sur ses terres  : voilà maintenant six ans que Bernard Combes, 49 ans, nage dans les eaux de la politique corrézienne dans le rôle du poisson pilote de François Hollande. A l’époque, le proviseur adjoint au collège Georges-Clemenceau de Tulle n’avait même pas sa carte au Parti socialiste et se tenait à l’écart du marigot politique (...) Lire la suite de l'article Politiques 28/07/2009


De La Courneuve à la cour des grands
Dans l’ombre des élus (2/5)
Kamel Hamza, attaché parlementaire d’Eric Raoult
Par Frédéric Le Lay

Le banlieusard et le tonton flingueur. Kamel Hamza et Eric Raoult. Qui se douterait que derrière l’un des barons de l’UMP se cache un assistant parlementaire enfant de la Courneuve, au parcours aussi improbable que le duo qu’il forme avec Raoult ? Illustration parfaite d’une génération à laquelle personne n’a cru (....)

Au hasard d’une réunion pendant la campagne présidentielle de 2002, Kamel Hamza, alors militant chiraquien, fait part au bientôt réélu député-maire du Raincy de sa volonté de s’engager. Coup de bol, celui-ci forme justement une nouvelle équipe : à 34 ans, il devient son assistant parlementaire, officiellement «collaborateur de député», un joli terme pour une fonction en réalité un peu fourre-tout. Et habituellement réservée aux jeunes couteaux.

«Terrain». Relais en circonscription, un assistant à l’Assemblée joue aussi au député : indirectement, avec les notes et résumés des courriers et travaux parlementaires qu’il transmet à Raoult ; plus directement lorsqu’il rédige lui-même les argumentaires des interviews, les discours, les amendements et propositions de loi. Jusqu’à remplacer parfois son élu lors des réunions. Mais pas de quoi s’emballer non plus : au quotidien, c’est plutôt avec les collaborateurs, et non les élus, que l’assistant traite. «Je n’ai pas Copé tous les jours au téléphone, reconnaît-il. Il faut être honnête, c’est un boulot répétitif. J’ai pas envie de faire ça toute ma vie ! Mais on est au cœur de la politique et de son apprentissage.»

Côté profil, de l’aveu même de Raoult, l’assistant est «soit un jeune mec bardé de diplômes qui reste dans son bureau toute la journée à écrire des notes pour le député, soit quelqu’un qui est capable d’aller sur les lieux, de prendre la température». A désormais plus de 40 ans, Kamel Hamza fait partie du second groupe : «Sa grande école, c’est le terrain», résume Raoult.

Hamza, le fils d’exilé algérien, découvre lors de ses études d’économie à la Sorbonne que l’aide qu’il aurait dû trouver à gauche, cette gauche qu’il croyait gravée dans ses chromosomes et à laquelle il accordait son vote, c’est la droite tant diabolisée qui la lui apporte. Et derrière, déjà, il a l’ambition de s’extirper de sa condition. «On a droit au beau», dit-il. Pour lui, ce sera donc les ors de la République et… la gomina.

A ceux qui, au vu du pedigree très droitier de Raoult hurleraient à la récupération, il réplique : «Quand on se lance tout seul, on nous dit "tu n’es pas mûr" et quand on travaille avec quelqu’un, on nous dit "t’es récupéré". Mais on est tous des récupérés de service…» Même pas catalogué comme petit beur, lui dont le père a combattu aussi bien pour la France que pour le FLN avant d’émigrer et devenir gérant de café, puis éboueur ? «Sept ans que je suis avec Eric Raoult. Si c’était ça, non seulement on m’aurait plus mis en avant, mais, surtout, j’aurais été viré.» Leurs rapports sont fondés sur le respect, pas forcément le consensus : «Il faut prendre sur soi, parce qu’il y a deux solutions : soit je peux l’ouvrir et tout faire tout seul, soit je compose avec les gens.» Admettant qu’il n’est totalement d’accord avec son député que sur 60 % des sujets, le quadra préfère parler de rapport gagnant-gagnant : Raoult l’aide à se construire une légitimité politique.

«Clientélisme».«Entre mon arrivée et maintenant, c’est le jour et la nuit. Avant j’exécutais, maintenant je conseille.» Il connaît désormais les attentes de son député. Plus de latitude, donc, et désormais une voix que le maire du Raincy écoute : «Il s’est assagi, a un meilleur contact avec les minorités, et je pense que j’y suis pour quelque chose…» Des compétences qui attisent l’ambition : «C’est évident que je vois plus loin», dit Hamza. Il s’est frotté aux urnes par trois fois : cantonales, législatives et municipales dans son bastion de La Courneuve. Trois échecs. Écœuré, il lâche : «On est face à un conservatisme qui est à chier. Derrière chaque porte que l’on ouvre, un mur.»«Dans la politique en général, et même à l’Assemblée, il y a le réseau des cathos, des juifs, et nous, on est les derniers.» Selon lui, «La Courneuve, c’est le royaume du clientélisme de gauche». Aurait-il oublié que Le Raincy est celui du clientélisme de droite ? Il n’abandonne pas pour autant : «Avec mon job et ces scrutins, j’acquiers une légitimité. Ce que certains ont mis vingt ans à acquérir en terme de visibilité, moi, ça m’a pris sept ans.»«Je suis connu. Maintenant je dois être reconnu.»

Prochaine étape : un poste de conseiller général, en 2010, pour celui qui, à défaut d’être maire, est conseiller municipal de La Courneuve. «Il doit voler de ses propres ailes, c’est nécessaire», déclare Eric Raoult, lui-même ancien assistant parlementaire. Hamza admet qu’il devrait se repositionner s’il veut réussir à entrer à l’Assemblée, et éviter de rouvrir ce que l’on devine comme une blessure : «Le seul regret que j’ai, c’est de ne pas encore être député. Lorsque je le remplace [Raoult], je sais que j’en suis capable. Et quand je me retrouve face à Goldberg [le socialiste gagnant des législatives, ndlr], je peux pas m’empêcher de penser : "Pourquoi je suis pas à sa place ?"»
Lire l'article en entier Politiques 29/07/2009


A l’Assemblée, accro à Ayrault and co
Dans l’ombre des élus (4/5)
Olivier Faure, secrétaire général du groupe PS au Palais Bourbon.
Par Lilian Alemagna

En bretelles noires et chemise blanche, Olivier Faure a plus la panoplie du trader que celle d’un secrétaire général. Pas de cravate, pas de veste de costume. A moins que ce ne soit à cause de la chaleur de juillet qui pèse dans les couloirs de l’Assemblée nationale. A 40 ans, ce fils d’un agent des impôts rhônalpin et d’une infirmière vietnamienne est, depuis 2007, le secrétaire général du groupe «socialiste, radical, citoyen et divers gauche» au Palais Bourbon. Celui qui, avec ses conseillers parlementaires, pilote l’ensemble des dossiers pour le groupe, en collaboration avec le président des socialistes à l’Assemblée, Jean-Marc Ayrault. «On tient la maison», dit-il «Notre boulot est de préparer tout le travail du groupe» : gérer les nominations dans les commissions, définir les tactiques et stratégies à mener face à la majorité, aider les élus dans la préparation, la décision et l’écriture des textes législatifs. Travail de fonctionnaire ? Pas vraiment… Plutôt de l’accompagnement. «Les collaborateurs dépiautent les dossiers, les élus choisissent», explique cet amateur de cigares, né à Grenoble mais qui a grandi dans la région d’Orléans. Malgré un discours aux faux airs technos, il n’a fait ni l’ENA, ni Sciences Po. En poche, un DEA en droit et sciences politiques (...) Lire la suite de l'article Politiques 30/07/2009


Amarré à Amara
Dans l’ombre des élus (3/5)
Mohammed Abdi, conseiller spécial de la secrétaire d’Etat.

On dit de lui que sa présence provoque le silence quand il entre dans la même pièce que Fadela Amara. Que sa force de persuasion envoûte l’actuelle secrétaire d’Etat chargée de la politique de la Ville, qu’il suit depuis plus de vingt ans. Sur l’organigramme du cabinet, Mohammed Abdi est «conseiller spécial auprès de la ministre». D’autres le qualifient de «gourou», d’«homme d’influence», de «ministre bis» Il réfute les termes : «J’ai simplement le privilège de pouvoir lui parler très franchement.» (...) Lire la suite de l'article Politiques 30/07/2009


Là où l’herbe est plus Woerth
Dans l’ombre des élus (5/5)
Sébastien Proto, directeur de cabinet du ministre du Budget.
Par Lilian Alemagna

A la lecture de son CV (Sciences-Po, Essec, ENA, Inspection des Finances…), on s’attend à voir un crâne d’œuf à la tête bien pleine. Une caricature du type qui enchaîne les termes compliqués pour vous expliquer son action et son rôle de directeur de cabinet auprès d’Eric Woerth, ministre du Budget. Surtout quand on dit que Sébastien Proto a tout juste 31 ans, et qu’il est le plus jeune «dir cab» du gouvernement (...) Lire la suite de l'article Politiques 01/08/2009

Publié dans Revue de presse

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